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|Les Interviews du Sund'Aix

Florian aka “Dj El Gringo”

Biographie by Nath (le femme du Gringo ! )
Après 18 années joyeuses placées sous le ciel cotonneux de Torcy dans le grand Nord amical des pavillons de banlieues, des lacs artificiels et des bus scolaires qu’il avait du mal à prendre, ce type rigolo répondant au nom imprononçable de Florian W…..k (encore un immigré…), décida de s’évader de ce quotidien douçâtre en rêvant d’Amérique latine, d’Antilles et de zouk… Enfin, surtout de mojitos au départ et de chicas, seguro…

Mais c’est au hasard d’une soirée qu’il pensait pourrie au Monte Cristo qu’il découvrit une masse de danseurs échevelés dans les sous-sols de l’antre et qu’il tomba dans le chaudron de la salsa dans les 90’s. Comme il avait la grande chance de loger son squelette imposant (1, 91m et toutes ses dents, moins une..perdue en poursuivant un chat…On y croit moyen..) près de Marne-la-vallée où les sbires de Disney avaient consenti à l’employer pour de menus travaux, il assista dans ce lieu aux concerts de la folâtre Celia Cruz, de Polo Montanez, ou de Victor Manuel. Il confirma son goût des percussions, des cuivres, des sons douteux à la Charly Oleg et des fantasmes latinos par une pratique ardente du rhum, de la gente latina en esquissant trois pas de danse. Ce furent les meilleurs et les seuls, malgré le concours de tous ceux qui ont voulu lui en apprendre d’autres. Spécial dédicace, ils se reconnaîtront ! Mais il a peaufiné ses trois shines depuis 20 ans ! Puis de Barrio latino en Latina café, en soirées colombiennes, il perça sa tirelire à force d’entasser des chupitos et des CDs de la Charanga habanera ou de Oscar de Leon. Choc thermique et amical, en arrivant à Lyon en 2001, direction le Mi Barrio avec Juan Carlos El Preso et premiers mixes.
Celui qui se pensait être le roi du monde via ses CDS de salsa se retrouvait alors une fourmi dans le monde immensément riche de la presse vinyle des trésors du passé, issus de nombreux pays d’Amérique latine. Farfouillant avidement dans les bacs de ses amis disquaires à la recherche de salsa, notre DJ découvrit que cette musique s’illustrait aussi aux Antilles dans les 70’S (label DEB’s Celini hit parade) avec des groupes comme les Aiglons, Henry Guédon, les Rapaces, les Vikings.La magie continua avec des inspirations venant du Bénin et du Sénégal notamment : les Volcans du Bénin, Poly Rythmo, Orchestre Baobab.
La chenille devint alors El Gringo West Indies Viejoteca, en nourrissant avec verve la complexité de son patronyme de scène, et en se déplaçant dans des évènements précieux, en France, Espagne, Suisse, en passant par le Congrès de Marseille dès 2008. De mix en mix, c’est un être secret qui se livre de temps en temps, au gré de sa bosse qu’il a roulée, et de ses envies, collectionnant avec passion ses pépites depuis plus de 20 ans. Il cultive surtout le plaisir de transmettre du bon son aux amis, danseurs ou pas, amoureux de la salsa, comme lui et curieux de découvertes. Trop de feux de la rampe brûlant les ailes du papillon, El Gringo choisit avec précaution ses apparitions… Nath


Avec Larry Harlow

Interview …
Bonjour Florian, tu es connu parmi les salseros sous le nom Dj El Gringo, est-ce que tu peux nous dire comment tu as commencé dans ce milieu ?

 

Florian : Parler de soi est quelque chose d’assez difficile pour moi et je pense que ma chérie qui a écrit ma bio a assez bien résumé mes débuts ( ndlr: cf plus haut) Si je devais parler de ma première : Un pote dj qui avait surement senti le plan moyen m’a demandé de le remplacer. Je me suis retrouvé dans une soirée où les gens pensaient que ça allait être un concert (soirée habituelle le jeudi dans ce lieu) J’ai du faire danser 30 personnes dans la soirée ! 🙂

 

Penses-tu que ce soit important pour un Dj de savoir danser sa musique ?

 

Florian : Pas vraiment… Si comme moi tu es un maitre en matière de dégustation de mojitos et de débats autour de la salsa et que tu aimes chanter (brailler même parfois ! ) j’ai un style lunaire, mélange de cubaine-porto-colombienne absolument inimitable 🙂

 

Désormais tu es connu pour ne mixer que strictement en vinyles, pourquoi ?

 

Florian : Je mixe tellement peu souvent qu’il en devient ridicule de ne pas sortir mes vinyles pour les depoussierer un peu ! Et puis j ai toujours ressenti une certaine adrénaline à mixer sur lps car on peut pas vraiment se louper, ça se voit tout de suite. Après de là à mixer plusieurs fois dans la semaine sur vinyles je pense que ça serait très compliqué pour un dj d’un point de vu logistique et mon dos ne le supporterait plus 🙂

 

Y a-t-il une période et/ou un style de salsa que tu affectionnes plus particulièrement, et pourquoi ?

 

Florian : Plus ou moins de 66 jusqu’à 77 ( mon année de naissance ! ) Apparition de la forme aboutie de la salsa à travers les guaguancos, les descargas, beaucoup de solos et des textes rageurs… Apparitions également des trombones voire du sax. L’histoire de cette periode est passionnante… Après les annees 70, je dois avouer que je trouve les salsas un peu trop parfaites et répétitives à mon goût et les paroles qui deviennent consensuelles. J’ai une grosse passion pour la salsa “west indies” ( Guadeloupe, Martinique, Curazao ) africaine( Benin, Senegal) et bien sur aussi la musique cubaines des années 60, la salsa nyorkina ou puerto ricane un must ….et une mention spéciale pour un artitse du Venezuela que j’affectionne tout particulièrement Ray Perez et ses nombreux groupes ( Kenyas casabe Dementes ..)

 

Quel regard portes-tu sur l’évolution des soirées salsa depuis que tu as commencé ?

 

Florian : Je trouve juste dommage qu’on n’ai pas su (utopique de penser qu’on aurait pu ..) mélanger l’ensemble du public autour d’une soirée cubaine/porto/colombienne … J ai toujours une pensée émue pour mes premières soirées latines en France où personne (ou si peu) ne savaient danser et pourtant il y avait une ambiance incroyable dans certains bars latinos ou soirées organisées.

 

Deux points de vu sont classiques sur le travail du DJ, certain considère que le dancefloor doit être plein le plus longtemps possible et qu’il faut par conséquent, plaire au plus grand nombre avec une programmation la plus variée possible (Romantica, Timba, salsa nueva, chacha, pachangua etc..). D’autres au contraire, pensent qu’un DJ doit avoir son univers musical et que c’est au danseur de s’adapter à ce que le DJ propose. Quel est ton point de vu ?

 

 

Florian : En fait tout dépend quand même du public. Si t’es un dj comme moi et que tu te trouves avec le public de Jack el calvo ( ndlr : Dj spécialiste de la timba entre autre…) ou dans une soirée sbk, ben ça va être compliqué hahaha… et je l’ai vécu à de nombreuses reprises même si c’est vrai que certains montunos ou charangas par exemple te permettent souvent de t’en sortir ! C’est pour ça aussi que je me limite maintenant uniquement aux soirées dans lesquelles je sais que le public est réceptif au vieux sons.

 

C’est quoi pour toi un « bon Dj » ?
Florian : Seul le public, et il est tellement varié dans ses goûts, peut répondre à cette question. J’ai trouvé des fois un set de dj super bof et j’entendais autour de moi des gens qui l’adoraient…

 

Est-ce que t’es chaud pour le Super Sund’Aix du 18 novembre ?
FlorianBrûlant….
Une dernière chose à dire ?

 

Florian : Comme dirait Noël avec qui j’aurai le plaisir de mixer pour la première fois : Es el sonido que dicta la ley !
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